
Samuel LACHISE
« C’est sans doute le lot de chacun de trouver sa voie. Moi qui ne suis pas fort en orthographe j’ai mis un « X » et puis voilà »
La « voix » c’est forcement, un travail sur soi. Il n’y a pas d’autre choix, pas d’instrument, pas de matériel, pas de pistons sur lesquels appuyer, seulement un individu nu. Peut être même plus que nu, dans cette volonté de cracher à l’extérieur ce qui est intime. Nous y voilà, les deux pieds dans le plat de l’introspective, de l’égocentrisme, de l’onanisme cérébral. Pourtant, je n’ai pas le goût, pas le courage peut-être de ce « remue en toi » et si je me balade souvent au bord de ce précipice, je n’y tombe pas.
Acceptant ce que je suis de « but en blanc » j’ai choisi le chemin de la compréhension, de la connaissance et des techniques. Ayant trouvé dans mon « biberon » une formation musicale de base, ma voix s’est d’abord faite musique. J’ai trouvé à l’école nationale de musique de Villeurbanne un cursus chansons qui semblait fait pour moi. J’y ai rencontré des gens capables de nourrir mes premières prétentions et qui m’ont proposé quatre années d’un voyage passionnant autours des techniques vocales, de l’interprétation et de l’harmonie. Rajoutons quelques cours de guitare pour consolider une première expérience en autodidacte, nous avons la base.
Cependant le chanteur à une position particulière dans le concert des instruments: S’il tient, comme les autres, la note, il porte seul le mot. Je savais sans doute depuis toujours que, pour moi, ce mot passé avant tout. Gamin c’est Brassens que j’écoutais ou François Béranger, ou Brel ou Nougaro. Plus tard Hubert Felix Thiéfaine, Higelin et Renaud. Des « chanteurs à textes » comme on dit et peu à peu j’ai confronté m’a voix à d’autres modes d’expression.
Le théatre, c’était la porte à coté, il faisait parti de ma formation à l’interprétation à ENM de Villeurbanne en association avec le théatre de l’Iris et surtout le monde professionnel m’en offrait l’opportunité. Dans les années 2000, je participe à plusieurs comédies musicales, les misérables, la vie en bleu, Jazz et Faust, Oliver Twist, l’étrange Noël de Mr Jack ou encore le conte musicale africain le fort et le faible et une création lyonnaise Revue et corrigée. Autant de spectacles qui m’ont permis en valorisant ma compétence de chanteur de faire mes premières armes dans la comédie. Toujours en quête de technique et de compréhension je m’inscrit en 2009 à une année de formation avec le théatre de l’Iris. En 2014, la compagnie Altra parte me sollicite pour mettre en chanson l’ours une pièce d’Anton Tchekhov. Je serais pendant 3 saisons Louka à la fois serviteur et accompagnateur musical de cette farce en un acte.
Le conte, étrangement c’est d’abord pour moi un projet d’écriture. Une manière de lier plusieurs chansons en un seul récit. Il faut dire que mon format d’expression est très court, j’ai cru par le conte pouvoir l’élargir. En 2013, je fais une série de formation avec le CENTRE DES ARTS DU RECIT à Grenoble. Il me faudra 4 ans pour comprendre un peu ce qu’est cet art, pour dés-écrire ce que j’avais écrit, pour enfin prendre la parole. Le conte c’est l’histoire nue, sans l’incarnation du théatre, sans la maitrise de la poésie, sans la sophistication du chant. Le conte c’est aussi l’art perdu, cette parole entre nous qui s’est noyée dans les écrans toujours plus nombreux. C’est mon aujourd’hui ! Je conte d’abord et puis j’enchante l’histoire d’un air de guitare et il ne me viendrais plus à l’idée d’écrire une chanson s’il elle n’est pas mêlée dans un récit.
